lunes, 6 de abril de 2015

Dimanche de Pâques, Année B

Actes des Apôtres 10, 34a. 37-43
Psaume 117
Colossiens 3,1-4
Jean 20, 1-9

Pâques ! Les cloches de retour carillonnent à tous les vents: "Ressuscité! Christ est ressuscité : En vérité il est ressuscité !" C'est ce qui est répété dans toutes les lectures de ce matin!

Dans l'Evangile :

Deux mots, deux verbes, reviennent plusieurs fois. N'allez pas les chercher comme des oeufs de Pâques dans le driveway, je vous les offre : "courir" et "voir".

- "Courir" : Marie-Madeleine, Pierre et son compagnon courent. Qu'est-ce que peut indiquer cette insistance sur la course ? L'"autre disciple, celui que Jésus aimait" court plus vite que Pierre. pourquoi ? Ne dites pas que c'est parce qu'il est plus jeune: c'est possible, mais c'est une réponse trop courte, et pas très respectueuse de la profondeur symbolique de l'Evangile de Jean où tous les détails ont un sens fort.

"Alors Marie-Madeleine part en courant, elle va trouver Simon-Pierre...(v.2 ), Elle est soudain poussée par ce qui arrive : "On a enlevé le Seigneur de son tombeau et nous ne savons pas où on l'a mis..."'inquiétude, surprise, et rapidement elle cherche, car Jésus, malgré l'échec apparent de la crucifixion, reste pour elle, "le Seigneur", le Maître bien-aimé. Son amour pour son Seigneur la fait courir vers une obscure espérance... Il s'est passé quelque chose, elle ne formule qu'une hypothèse d'enlèvement, mais "elle court", comme s'il y avait quelque chose à faire - à espérer ?

Pierre et le disciple "Ils courent tous les deux ensemble..." Ce sont des hommes, et déjà comme les responsables de la petite communauté des disciples, ils doivent vérifier ce que des femmes ont dites. - mais ils pourraient en rire, ou aller voir tranquilement Là encore, espérance informulée ? Et poussés par l'amour pour ce Maître qu'ils ont abandonné, renié ? A Pâques, tout le monde court, parce que quelque chose de nouveau, d'incroyable, est en train de se produire. Et qu'on ne peut rester assis dans le deuil et les larmes.

L'«autre disciple, celui que Jésus aimait» court plus vite. Quelle que soit son identité personelle, il est ici la figure de tout disciple "que Jésus aime", de celui qui est lié au Christ par le lien de l'amour le plus fort, et que cette urgence de l'amour le pousse plus vite, que le Seigneur l'attire à tout vitesse. Non pas que Pierre soit exclu de cet amour, bien au contraire, mais il a une autre fonction dans l'Eglise (voir le chapitre 21 de Jean là encore), il est Pierre, le pasteur ; "l'autre disciple" est le symbole de tout disciple aimé et aimant, qui court au-devant de Jésus. Il est la figure de chacun, chacune de nous dans sa recherche du Seigneur.

Mais "il n'entre pas", il s'efface pour laisser entrer Pierre le premier. Pourquoi? Quel que soit le lien personnel de tout chrétien avec le Seigneur,reste toujours la médiation de l'Eglise, de la communauté entière des baptisés autour de Pierre. Il ne s'agit d'ailleurs pas ici tant de primauté que de responsabilité dans le témoignage : "Il entre dans le tombeau, et il regarde..." C'est lui qui devra ensuite, au nom de tous les Apôtres, prendre la parole et raconter. Rappelons-nous ici la 1ère lecture.

- l'autre mot c'est VOIR :

- "VOIR" :

Que voit Marie-Madeleine ? "Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau": elle voit un tombeau ouvert, pas même un tombeau vide, du moins on ne nous dit pas qu'elle y est entrée pour voir. Elle a deviné, soupçonné, elle a eu peur, et cela a suffi à la mettre en mouvement pour aller chercher des frères. Un tombeau ouvert, ce n'est pas un signe clair, et cela ne suffit pas pour croire, mais peut-être déjà pour espérer, sans le savoir, que quelque chose de neuf a commencé, que la pierre de la mort a été roulée du destin de l'humanité.

Une question que l’on peut se pose : « Pourquoi Marie Madeleine? » Dans le plan de Dieu, le chemin de l’espérance conduisant à l’annonce de la Résurrection passe ici, en premier lieu, par une femme, comme l’Incarnation du Fils de Dieu s’accomplira par le « oui » de la Vierge Marie. « L’Église reconnaît l’apport indispensable de la femme à la société, par sa sensibilité, son intuition et certaines capacités propres qui appartiennent habituellement plus aux femmes qu’aux hommes. » (Pape François, « La joie de l’Évangile » No 103)

Qu'est-ce que voit Pierre ?? Est-ce qu'il voit seulement en passant ? Est-ce qu'il en conclut quelque chose ?

A peine plus, mais lui, il "regarde",(θεωρει) v.6. il fait attention, il contemple, il dresse un constat: "il regarde les bandes de tissu posées par terre. 7Il regarde aussi le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus. Ce linge n'est pas posé avec les bandes de tissu, il est enroulé à part, à un autre endroit (v.7) Autrement dit : l'absence du corps, les signes de la mort abandonnés sur place, mais en bon ordre, en paix, et non comme après un enlèvement ou un vol. Des indices étranges, mais dont il ne tire aucune conclusion, on pourrait dire avec les mots de l'Evangile de Luc lors de la Vigile Pascale , qu'"il s'en retourna chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé"

Que voit l'autre disciple. Il voit la même chose, Rien d'autre, mais il se passe quelque chose en lui: "il voit et il croit". Sa foi ne vient pas uniquement de ces signes, ceux-ci en sont le déclencheur, mais sa foi vient de l'intérieur, et de cet amour qui le relie à Jésus - et elle va lui permettre, à lui et à tous les disciples de "voir"(βλεπει- ειδεν) "que, d'après l'Ecriture, il fallait que Jésus doit se relever de la mort".

Pourtant, sur quoi s'appuie la foi des apôtres en la Résurrection, d'après le dernier verset? R. Par l’Écriture (v.9)

Double regard et double témoignage, qui rejoignent la fin de la 1ère lecture,car c'est "l'Ecriture", l'Ancien Testament, qui permet de comprendre, de lire les signes de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus. Nous sommes ici devant l'authentique manière de transmettre la foi dans le christianisme: l'autorité de l'Ancien Testament perçu comme annonçant le Christ, l'autorité du Nouveau Testament comme témoignage des Apôtres sur Jésus, et la grâce de la foi qui fait tout relire, relier et voir.

Frères et soeurs, célébrer Pâques n’est-ce pas tenir fermement à cette certitude: le Christ est vivant? C’est là notre espérance, la grande réalité de notre foi. À la question « qu’est-ce que Jésus est venu nous apporter?» « Il est venu nous apprendre comment posséder la vie éternelle dès maintenant et traverser la mort sans la perdre ». Même si personne n’a été témoin au moment même où Jésus ressuscita, les apôtres ont vu Jésus ressuscité se manifester à plus d’une reprise à leurs yeux; en ce sens, ils sont témoins de la Résurrection et ainsi ils peuvent affirmer : « ce que nous avons vu de nos yeux et ce que nos mains ont touché, nous vous l’annonçons. » (I Jean 1).

PÂQUES C’EST...

Pâques, c’est d’abord la fête de la résurrection de Jésus. Mais Pâques, c’est aussi lorsqu’une personne met pour aider son prochain.
de côté, ne serait-ce que pour un instant, ses préoccupations personnelles et se tourne

Pâques, c’est lorsqu’un jeune dit non à la drogue et reprend sa vie en main, ou lorsqu’une personne se relève d’un épisode de cancer.

Pâques, c'est le croyant qui, même dans les temps difficiles et troublés, sait que Dieu veille fidèlement sur lui.

Pâques, c’est de savoir lire dans l’expérience d’absence vécue au tombeau- comme on vient de le méditer- une interrogation qui nous mène sur le chemin de la foi en Jésus Christ Ressuscité.

Pâques, c’est d’apprendre que chaque être porte en lui une part de Résurrection, que chaque être peut nous enrichir, à condition de voir en lui ce qu’il y a de beau.

Pâques, c’est l’avènement d'une vie où règnent l’esprit de fraternité, le triomphe de l'amour sur l’égoïsme. C'est l'espérance d’une vie spirituelle, ici et maintenant.





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